EthologieComportement du mouton Soay

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Les chercheurs zootechniciens sur l’île Hirta nous ont expliqué que les espaces pastoraux sont naturellement divisés en zones contrôlées par des troupeaux de 10 à 25 brebis d’une même famille. C’est une sorte de matriarcat où les lignées les plus fortes contrôlent les meilleurs pâturages.

Là-bas, en période de rut, un bélier de deux à trois ans s’impose pour prendre le contrôle d’un troupeau de brebis. Cette quête de troupeaux et la lutte qui s’ensuit entraîne chez lui une telle dépense énergétique qu’il ne peut reconstituer ses réserves de graisse avant l’hiver. Les béliers adultes reproducteurs sont donc les premières victimes des rigueurs de l’hiver. Naturellement, cette situation permet l’arrivée l’année suivante d’un nouveau mâle, ce qui réduit ainsi la consanguinité. Les multiples observations indiquent qu’un bélier ne contrôle un troupeau qu’une seule année.

Nos recommandations pour changer de bélier chaque année s’inspirent de ces observations.
Voir Annexe : schéma de mutation de béliers)
En-dehors des périodes de lutte, la plupart des béliers vivent en petits groupes de mâles circulant sur l’ensemble de l’île. Ce comportement des béliers nous a aussi permis de recommander l’utilisation de groupe de béliers (de préférence du même âge) pour l’entretien de réserves naturelles où la charge à l’hectare doit être soigneusement maîtrisée.

Les troupeaux de Soay sont fortement hiérarchisés, non seulement entre les béliers, mais aussi entre les brebis qui n’hésitent pas s’affronter de temps à autre. Il ne faut pas s’en inquiéter.
Bien qu’il puisse s’apprivoiser assez facilement, le Soay garde son tempérament naturellement farouche. Très vif, observateur, curieux, mais toujours aux aguets, il faut l’approcher avec calme pour ne pas l’effrayer. Tout geste brusque éveillera sa méfiance et il s’écartera rapidement de tout élément étranger. Les rassemblements de moutons Soay doivent toujours être exécutés avec calme.
Par contre il s’habitue à toute activité humaine du jardin (tondeuse, tronçonneuse, taille-haie,…) et aux autres animaux domestiques aux alentours de son enclos pour autant qu’il ne se sente pas menacé.
Utiliser un chien de berger, type border collie ou autre, s’avère délicat car un groupe de moutons Soay se sentant bloqué dans un espace réduit aura tendance à s’éparpiller en plusieurs sous-groupes, chacun dirigé par une ancienne brebis expérimentée.

Néanmoins, ces dernières années quelques éleveurs professionnels de border collies sont parvenus à identifier et à dresser des lignées appropriées aux élevages de Soay, en France du Nord notamment.

Pastoralisme matriarcal

Comme expliqué ci-avant, le mouton Soay a un tempérament très territorial. Confiné dans une prairie clôturée le moutons Soay n’a pas tendance ni à sauter ni à quitter son territoire. Néanmoins, lorsqu’il est utilisé pour l’entretien de réserves naturelles, il est conseillé de placer une clôture de 120-130cm de haut, surtout pour empêcher les chiens errants de rentrer dans l’enclos et semer la panique chez les moutons (qui pourraient dès lors sauter la clôture pour sauver leur toison !).

Avec ce tempérament territorial, le mouton Soay n’est pas adéquat pour des entretiens temporaires intensifs par transhumance ou par transport fréquent d’une pâture à une autre.
Il convient pour des systèmes de pâturage permanent extensif assortis d’un système de rotation sur diverses parcelles.

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